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Hans Holbein l’Ancien et le Jeune

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Hans Holbein (l’Ancien) – 1460 ; Ausbourg en Bavière -1524 ; Issenheim en Alsace) avait bien compris une chose, qu’on meurt tous, et que c’est par la famille qu’on devient immortel. Il a donc appelé son fils tout comme lui, Hans Holbein (le Jeune) [1497 ; Ausbourg – 1543 ; Londres. Mais ce dernier n’a pas suivi, désolé l’Ancien.

C’est la fête des morts en ce moment. En France, et en Europe en général, on la joue morne. Face au sol, on regarde ses pieds et on se tait. Une pensée pour les anciens et basta. Au Mexique par contre, on fait la fête pour eux. On se déguise, on boit, on danse. Plutôt qu’être triste, festoyons avec nos morts, une ripaille annuelle avec nos ancêtres.

C’est peut-être ce que pensait nos deux joyeux lurons susnommés. Mais ils n’étaient pas Mexicains, et n’ont très sûrement jamais mis leurs pieds autre part que sur le vieux Continent. C’est donc peu probable. Non, eux, ils dansaient avec les morts pour se rappeler qu’ils allaient mourir et pas forcément quand ils s’y attendraient. Les castes, l’argent, l’art, la beauté, le savoir, les sciences, tous les biens matériels et immatériels, le pouvoir, tout ça, c’est bien peu de choses face à la Mort. On crèvera tous la gueule ouverte, à en vouloir toujours plus. Alors qu’il suffit de danser avec la Mort, lui prendre la main et lui faire oublier son sinistre métier le temps d’un moment, flirter avec elle pour lui plaire et qu’elle ne veuille pas nous dire adieu de si bonne heure. Elle viendra vous rendre visite, faites-lui passer un moment agréable et elle vous dira à dans longtemps.

Nos deux Hans Holbein ici présents avait bien compris tout cela. Et ils ont cherché à faire passer leur message à travers leurs gravures. « Memento mori », « Souviens-toi que tu mourras ». A vous de bien remplir cette Vie pour ne pas le regretter quand vous mourrez. On peut faire le choix de s’en remettre à dieu, lui faire plaisir, vivre de façon pieuse, vivre à moitié sous la peur et la crainte d’un être que personne n’a jamais vu. Une chose est pourtant sûre, la Mort existe. Alors on peut décider de se souvenir de cette maxime souvent écrite sur les trousses des collégiens, la vérité vient du tipex des adolescents. Une phrase que les hédonistes, au travers les siècles, ont eu comme leitmotiv et qui s’est banalisée au fil du temps, mais je me lance, et je vous la dit : « Carpe diem », vivez l’instant présent.

Amen


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Giovanni Battista Bracelli

Que dire de Giovanno Battista Bracelli, à priori né à Gênes en 1584 puis basé entre Florence et Rome ? J’ai essayé d’écrire un article sur son travail, mais rien à faire, l’inspiration ne venait pas.

J’ai d’abord essayé d’être drôle en créant un lien entre ses dessins et l’affolante absurdité des brocantes. Depuis peu installé dans un nouvel appartement, et pour contrer l’effet appartement IKEA témoin, mon colocataire et moi avions pour idée de chiner, c’est tellement cool. Mais à moins de vouloir se meubler à l’aide de vieilles clefs oubliées du siècle dernier, des mono-tréteaux dépareillés, de pelles et de pioches, de cannes boiteuses, de clochettes à soubrette, de vieilles casseroles percées, de lampes dénudées ou bien encore de vieille argenterie d’un lointain bisaïeul d’un goût douteux, il est difficile d’y trouver son bonheur. Le rapprochement était que Giovanni, lui, l’a trouvé (le bonheur) parmi tous ces objets, alors rendus utiles. Angle d’attaque malhabile, je serais tombé mi-côté-mi-eau.

J’ai ensuite voulu vous impressionner en me faisant passer pour un docteur ès «goût des humains pour les robots» en (proclamant) ÉRIGEANT Giovanni comme le premier à avoir inventé ce principe. Bien mauvaise idée, je vous aurais trompé, chose que je ne fais jamais lors d’une relation naissante. En fait, avec un peu plus de réflexion, on se rappelle vite que cette idée existe depuis l’Antiquité, ne serait-ce que par Galatée, la statue de Pygmalion devenue humaine. Une sorte de Pinocchio en plus classe, sans écharde et surtout avec un vagin, elle lui a fait deux mioches… Mais l’histoire ne dit pas ce qu’il se passait quand elle mentait…

Pour vous la faire courte, c’est le recueil Bizarrie di varie figure (paru plus ou moins en 1624 à Florence) qui a rendu mémorable le peintre-graveur Italien. Il présente différentes séries de dessins. Deux d’entre elles nous intéressent ici : des compositions humaines à base de bric et de broc de brocante ou de chantier BTP ainsi que des figurations plus abstraites, utilisant uniquement des formes géométriques. Simplification minimaliste du corps humain ou tergiversation d’amplification anatomique ? Je mise la carpette sur la tergiversation car le résultat est un final, et non pas une simple étape de création.

Pas précurseur de la passion des humains pour les objets animés par une vie fantasmée mais précurseur de style. En effet, il a fallu attendre 1928 pour que son travail soit remarqué et sorte de l’oubli grâce à un article paru dans L’Amateur d’estampes. Il aurait ainsi inspiré les surréalistes, voir même les cubistes, par son style… cubique et par sa finesse, car de l’humour, il en a parsemé ses dessins, regardez-bien. Je me permets même une corrélation avec Keith Harring sur un de ses visuels

Comme quoi, tout ne vient pas à point à qui sait attendre. À trop attendre, on se souvient de vous quand même les vers vous ont oublié, alors n’attendez plus, faites vous remarquer dès maintenant.

P.S. : et parce que je sais qu’il y a ici des amoureux de la calligraphie, jetez-donc un oeil sur son Alfabeto figurato. Gang-bang lettré ou partouze littéraire… Peut-être que cette fois-ci je ne me trompe pas si je dis qu’il était le premier à l’avoir fait ?

article paru sur Jekyll & Hyde le 10 septembre 2012

http://jekyllethyde.fr/2012/10/old-school-giovanni-battista-bracelli/

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