Monthly Archives: May 2014

Maxime du clubbing :

Il ne faut pas danser pour oublier mais s’oublier en dansant.

Maxime 03

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Pauvre bâtard

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C’est bientôt l’ascension, cette nouvelle me semble donc tout particulièrement bienvenue…

Je suis vieille, je vais bientôt crever. Mais avant de claquer, je veux mettre fin à une plaisanterie qui a assez durée.

Ma famille m’a éduqué dans une grande austérité, la vie était faite pour travailler, pas pour s’amuser. Les terres étaient arides, il fallait sacrément trimer pour en sortir quoi que ce soit de mangeable. Mais à mon adolescence, mes instincts m’ont révélé qu’il y avait d’autres façons de voir les choses. C’est surtout le regard des hommes sur ma croupe naissante qui me l’a indiqué. Tous ces regards lubriques, pervers, vicieux, tout ça m’excitait au plus haut point.

Mais j’ai vite compris que si je voulais assouvir mes désirs en toute tranquillité, sans fausse culpabilité, sans mépris de la part des autres, il fallait que je me trouve un mari. Ce que je voulais, c’était un jeune étalon fougueux, un gaillard bien solide, qui puisse m’en coller une quand je dépasserais les bornes, me prendre dans tous les sens, des poils en veux-tu en voilà, des muscles saillants, bandés comme la bite d’un taureau devant le cul d’une vache en chaleur.

 Il était beau, il sentait bon, mon brigand. Vingt ans, la fleur de l’âge, la moitié de sa longue vie ! Il avait de la verve, il a plu à mon père, il était jeune, il a plu à ma mère. Le soir du mariage, je ne pouvais plus attendre, j’avais déjà quinze ans, ça faisait trop longtemps que je voulais qu’un homme me fassent les mêmes choses que ce que faisait mon père avec les putes du bordel d’à côté. Fête de mariage, pendant le banquet je l’ai embarqué à la maison. Il était costaud mais une fois sans vêtement, surtout un peu nigaud. J’étais à poil, les seins dressés, mais lui avait la queue mollasse. Impossible de me la rentrer… Il avait sûrement déjà trop bu. Je l’ai astiqué, branlé, pris en bouche, l’ai insulté, me suis touché, mais rien n’y a fait. Il bandait mou le salaud. Je lui ai jeté ses frusques à la gueule en lui disant de retourner à la fête, j’avais des retouches de maquillage à faire.

Cinq minutes après qu’il soit parti je suis sortie à la recherche d’un homme, un vrai, avec un chibre bien dur. Facile, les légionnaires courraient déjà les nuits à cette époque. Au coin d’une rue, je rentre dans un, barbu comme un sapeur. Et moi, qui étais à moitié à poil pour faciliter les rencontres, je l’ai laissé me mater comme un gros vicelard, je l’ai laissé me pousser dans la ruelle sombre, déchirer ce qui restait de ma robe, et enfin, me la foutre bien profonde.

Après quoi, je suis retourné à la cérémonie, rien à déclarer.

C’est deux mois plus tard que je me suis dit qu’il y avait un souci. Mon salaud de mari s’était révélé être un enfoiré d’impuissant. Incapable de bander l’animal. Je lui ai même tâté la prostate, rien n’y a fait. Pourtant, je n’avais plus mes règles. J’en ai parlé à ma mère, elle m’a alors félicité ! Félicité ? Pourquoi ? Parce que tu es enceinte pauvre idiote ! Douche froide. Évidemment, elle ne savait pas que mon mari ne pouvait pas remplir ses devoirs conjugaux…

Je suis retourné à la maison, il m’a paru encore plus bête que d’habitude. Plus je le voyais, plus il me semblait stupide. Du coup, j’ai décidé de lui faire une blague.

“J’attends un enfant de Dieu”.

Bah vous savez quoi ? Il m’a cru ce con ! Peut-être que j’étais la première femme infidèle à utiliser cette excuse… C’est peut-être pour ça que beaucoup nous ont cru après ça… C’était dur de ne pas rigoler quand j’annonçais ça aux gens ! Bien sûr je le cachais, maintenant que mon mari y croyait, je me gardais bien de révéler le pot-au-rose…

Avec tous ces gens qui se sont mis à attendre son arrivée, je ne pouvais plus revenir en arrière. Peur de la honte, de devoir fuir si je disais la vérité. Je l’ai alors aussi laissé croire n’importe quoi une fois qu’il a grandi. Et puis, c’était un bon garçon, il se sentait doté d’une mission de bonté. Il voulait faire le bien autour de lui, il y croyait. Malgré la pourriture ambiante générale…

Beaucoup de gens sont morts pour son combat, lui aussi, et ça, je ne me le pardonnerai jamais. J’ai causé de l’espoir mais surtout du désespoir par ce qui n’était au départ qu’une blague. Je vais mourir et je ne veux pas partir en laissant le monde croire mes inepties de jeune fille moqueuse. Je souhaite que la vérité éclate au grand jour :

Mon fils n’était qu’un bâtard.

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Soyons prétentieux :

Explorateurs de nos propres existences, c’est par la recherche de l’instant qu’on se retrouve soi-même.

Maxime 02

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Voyage quotidien

moto

 

Rendu esclave par une rupture conventionnelle un temps promise et finalement refusée, cela fait plusieurs mois que j’attends impatiemment la fin de cette croisière sur la trop calme rivière de l’ennui. Je n’avance pas. Quand le vent souffle, c’est simplement pour me balancer les embruns à la face.

Cloîtré dans un espace soit disant ouvert toute la journée, je vois en effet le ciel depuis mon bureau, entre deux immeubles. Quand le ciel est bleu, je rêve de mer d’huile sur les lagons caribéens, quand il est noir, je m’imagine en plein passage de cap, sous la tempête, à essayer vainement de passer cette maudite fin du monde entre les récifs. Je voudrais partir.

Cette idée de voyage, elle me suit partout. En marchant, en parlant, en me coupant les ongles, seul, entouré, en fumant, en pelant les comètes. En ce moment même, pendant que je conduis ma moto pour aller au bureau en ce lundi ensoleillé. Je me dis qu’il serait facile de partir, là, maintenant. Ou plutôt de ne pas y aller. De quoi je me plains finalement : tous les matins, c’est un départ. Mais pas en voyage malheureusement. Le regard fixé sur la plaque arrière de la voiture juste devant moi, je suis passé en mode automatique de conduite. Je découvre au dernier moment un feu, rouge qui plus est. Trop tard pour m’arrêter, j’essore la poignée et passe le carrefour, celui où normalement j’aurais dû prendre à gauche, pour passer sous le Big Ben parisien. Je voudrais tourner au carrefour suivant, mais c’est impossible. Je mets tout mon poids sur un côté, les pares cylindres font des étincelles, mon genoux frotte le sol, mais rien n’y fait. Debout sur la selle, les genoux dans les yeux, la nuque sous les pieds, la moto continue à filer tout droit. Je me retrouve sur l’autoroute.

Bientôt, je n’ai plus d’essence, je passe sur la réserve et espère une station qui tarde à arriver. En voilà une, je prends la sortie, la moto veut bien virer maintenant. Plusieurs pompes sont là à attendre d’être pompées. Ces petites tapineuses. Mais aucune ne plaît à ma monture. Sans m’être arrêté, je m’apprête à reprendre la sortie pour l’autoroute quand je l’aperçois. Je ralentis.

Le panneau qu’elle tient n’indique rien d’autre que l’horizon impalpable. Ca tombe bien, c’est ma direction. Je m’arrête.

« Allez viens, monte derrière moi. Serre toi bien. Serre moi avec tes bras, serre moi avec tes cuisses. Je vais t’emmener là où nous ne sommes jamais allés. Par delà la frontière, là où le temps est obsolète. Je t’emmènerais partout, on ne stoppera que pour faire l’amour, mon moteur roule à l’orgasme. Quand nous saurons que nous y sommes, nous nous arrêterons. Quand nous saurons que nous n’y sommes plus, nous repartirons. »

Elle monte. Mais avant de repartir, il faut qu’on s’affaire. Pas de temps à perdre, il faut quitter cette civilisation au plus vite, je me mets entre tes jambes, sous toi, tu restes debout. La tête dans ta jupe, je te lèche. Ma barbe naissante t’agace, mes doigts te pénètrent, en quelques minutes, tu as un orgasme. Cela suffira pour arriver à la frontière.

Plus nous avançons et plus l’horizon recule. Impossible de le rattraper. J’essaie pourtant de le feinter de temps à autres. Je ralentis fortement pendant plusieurs minutes puis accélère d’un coup, à 9 000 tours minute, le son du moteur brisant le silence assourdissant qui nous entoure. Mais rien n’y fait, il a continuellement la même avance sur nous.

C’est le soir maintenant, nous sommes déjà loin. La régularité de la route est d’un ennui lascif.

La nuit tombe, on s’arrête juste après un pont au-dessus d’une rivière asséchée. C’est la frontière. Entre la civilisation, telle qu’on la connaît, celle de l’ennui, et l’autre, celle de la liberté. Devant le feu du réchaud Butagaz, sur une couverture, allongés, nus, nous faisons l’amour soûls ce pont entre deux mondes.

Le lendemain matin, nous repartons. On a fait le plein de la moto toute la nuit, on a même des bidons de réserve au cas où. A partir de maintenant, plus de carte, plus de route, plus de piste. Seulement l’inconnu.

Le paysage est exotique, les poteaux des lignes de pêches à la mouche fièrement érigés, ont la tête dans les nuages tellement le ciel est bas. Une épaisse pellicule de sueur collée à nos corps nous sépare de ce monde et de sa chaleur sèche qui diffuse sa nappe de flou artistique tout autour de nous. Il n’a pas dû pleuvoir depuis des lustres aux ampoules économiques, la terre est craquelée, des crevasses énormes se mettent sur notre route. J’ai pris un mauvais chemin, nous tombons dans une faille. Voyage au centre de la Terre.

Nous étions livrés à nous mêmes dans ces endroits que ne nous connaissions pas.

Ils nous étaient étrangers, et étrangement on s’y sentait familier. Peut être que parce que nous nous sentions étranger partout, nous étions devenu familier en tout lieu. Familièrement étranger dira-t-on.

Soudain, j’entends une corne qui résonne à travers les mondes. Le décor s’écroule, les paysages sont en carton pâte. La société reprend ses droits sur la nature. La terre disparaît au profit de ce foutu béton. Le feu est vert. Les voitures derrière moi s’impatientent.

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La volonté transforme la multitude des possibles en une réalité qui nous est propre.

Maxime 01

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